Tombes et ancêtres

Tombes et ancêtres

Le culte des morts à Madagascar

Les différentes ethnies de Madagascar ont des traditions différentes qui régissent leur relation avec les morts (Tombes) et les ancêtres. Une partie de ces rituels et l’importance particulière accordée aux ancêtres est probablement héritée des immigrants asiatiques. Même dans l’archipel indonésien, la mort joue un rôle important dans les sociétés traditionnelles.

Dans la région des hauts plateaux. Il existe des tombes familiales dans lesquelles les membres de la famille sont traditionnellement enterrés depuis des générations.

Tombes et ancêtres

Dans d’autres régions, on construit de gigantesques sépultures individuelles (au Mahafaly) ou doubles (à l’Antandroy). Pour les Antanosy du sud-est, en revanche. Le lieu de sépulture n’a pas d’importance : les morts sont enterrés dans une tombe sans ornement, loin du village. Cependant, le long des rues et des chemins principaux. On trouve des pierres commémoratives qui rappellent chaque jour aux vivants la mémoire de leurs morts.

Dans l’ouest et le sud surtout, certains groupes ethniques ont pour coutume de représenter la position occupée par le défunt au sein de la famille ou de la société par une décoration traditionnelle de la tombe. Les Mahafaly, par exemple, avaient l’habitude d’abattre une grande partie des zébus appartenant au défunt au moment de l’enterrement. Au cours des festivités funéraires, ils les grillent, les mangent et déposent enfin leurs crânes sur la tombe. Même des années plus tard. Il est possible de reconnaître la richesse de la personne enterrée au nombre de crânes de zébus présents.

Des ornements de tombes à la signification symbolique

Les Mahafaly décorent leurs tombes avec des stèles en bois. Outre les symboles traditionnels. Ces stèles (appelées Aloalo) portent sur leur partie supérieure des objets représentatifs de la vie du défunt. Comme l’image d’un zébu, s’il était propriétaire d’un grand troupeau, ou d’un autre, s’il était chauffeur de taxi.

Le vol de ces stèles par les touristes et la déforestation constante ont convaincu les Mahafaly de certaines régions de dessiner les symboles du défunt sur les parois extérieures de la tombe. De nos jours, il n’est pas rare de trouver également l’affiche d’un film préféré, ou un avion commémorant un voyage lointain effectué par un disparu.

Les Sakalava de l’Ouest décoraient également leurs tombes avec des sculptures en bois. Nombre d’entre elles représentaient des scènes érotiques, en référence à la fertilité du défunt. Aujourd’hui, on n’en trouve pratiquement plus, car certains pilleurs de tombes (surtout des touristes) les ont souvent emportées en guise de souvenirs.

Fête de l’exhumation des âmes

traditions et cultures

La fête de l’exhumation des âmes, Famadihana, est une importante solennité familiale en l’honneur d’un défunt, bien ancrée chez les Merina et les Besileo du plateau.

Cette grande fête, à laquelle toute la famille est toujours invitée ainsi que tout le village, et à laquelle participent même souvent des parents venus d’Europe, représente un engagement financier important pour la famille concernée, qui commence souvent à économiser plusieurs années à l’avance.

Le sens et le but ultime du Famadihana est avant tout de permettre à l’âme du défunt de passer dans un état supérieur (Zanahary) et de se rapprocher de Dieu. Selon les croyances locales, l’âme (Fanahy) du défunt continue à vivre. Au cours du premier Famadihana (tour), l’âme est transformée en l’essence divine Andriamanitra et, à partir de ce moment-là, elle continuera à vivre dans le royaume de Dieu.

Le corps d’un parent est enterré dans la tombe familiale commune, même si le défunt n’a pas vécu avec les membres de sa famille ou dans le village pendant un certain temps. Ces tombes familiales consistent en un espace angulaire, entouré d’un mur et enterré à environ un tiers. Une porte mène à cet espace, qui n’est ouvert qu’à l’occasion des funérailles et d’autres cérémonies. A l’intérieur de la pièce, les morts sont disposés dans des niches le long des murs.

Tous les ans, deux ans ou trois ans, un Famadihana est organisé pour les morts. Il n’y a pas de règle fixe quant à la date de la cérémonie : elle coïncide souvent avec un événement particulier du présent, par exemple l’apparition en rêve du défunt à un membre de la famille.

Préparation de la fête.

La préparation de la fête prend des jours, voire des semaines. Pendant toute sa durée, la famille doit s’occuper des invités. Le matin, ceux-ci se réunissent, créant un moment de fête où l’on fait de la musique ensemble, où l’on chante et où l’on danse. Vient ensuite l’ouverture solennelle de la porte du tombeau familial. D’où l’on sort la dépouille du défunt enveloppée dans un linceul. Au cours d’une brève cérémonie, ce dernier est ouvert et les restes du défunt (presque toujours uniquement des os) sont placés dans un linceul propre. Qui est ensuite transporté dans tout le village au son de la musique et d’un comptage joyeux. Le défunt est ainsi informé des nouvelles de la famille et du village. Une fois la fête terminée, le drap contenant les restes est replacé dans la tombe.